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30. mars, 2019

Je suis expatriée depuis un bon moment maintenant, j’ai une belle expérience dans ce domaine je pourrais me lancer dans le coaching d’expatriés peut-être bien !

Je pourrais effectivement partager mon expérience de l’expatriation concernant les enfants, la vie au jour le jour, les bons et les mauvais côtés.  Je pourrais faire un beau discours sur le fameux cycle en U de l’expatriation :  le up (la lune de miel) puis le down (le choc culturel) puis le up up (transformation et intégration) puis je rajouterais le down down, le moment où tu veux te casser mais surtout pas rentrer en France !

Ah non pas en France car qui dit France dit appartements bien trop petits !

Les meubles des expatries c’est quelque chose !!! C’est un vrai sujet ces meubles d’expats et un coût astronomique de location de m3 de container pour les boites à chaque déménagement !

Ben oui, quand on est expat on achète de grands meubles et de style local !

Alors l’expatrié achète des meubles chinois ou africains ou brésiliens... Faut se sentir chez soi pas chez soi, un peu schizophrène quand même l’expat !

Un jour à Bucarest alors que j’étais invitée chez une expat, je lui demande où elle avait séjourné avant la Roumanie, cette dernière me répond : ben ça se voit j’étais en chine et auparavant en Afrique !

En effet quelle cruche, buffets laqués et masques africains je pouvais m’en douter ! Va revendre tout ça pour t’installer à Paris dans un immeuble haussmannien tiens !! Faut avoir un sacré don pour la déco pour parvenir à marier les buffets laqués en cerisier et les gris-gris africains avec les canapés Ikea !!

Non pas de coaching en vue pour moi bien que je sois une femme d’expat aguerrie et bien intégrée !

D’ailleurs de quelle intégration parle-t-on ?

Généralement quand on parle d’intégration, on parle de l’intégration de l’expat dans le pays où il est expatrié, basique ! Il est alors dans l’acceptation c’est-à-dire qu’il accepte de vivre dans le pays avec ses différences culturelles. En gros lorsque le camembert- rouge est remplacé par la caipi – pastel de camarao !

Mais on parle aussi, de l’intégration auprès de sa communauté d’expat ! Ce qui n’a jamais été pour moi une grande réussite sur ce coup-là !  

Ben non, ça n’a jamais été pour moi une nécessité absolue ! J’aime l’idée de choisir mes amis quels qu’ils soient et nul besoin d’en avoir beaucoup pour s’épanouir en expatriation !

Donc autant dire que les invitations à diner au sein de la communauté française sont rares ! Pour ça rien n’a changé pour moi depuis Bucarest ma chère Solène et comme je ne vais pas à la messe ça n’aide pas non plus.

En fait, il y a un autre type d’intégration dont je souhaite partager l’expérience et que je n’avais jamais vécue encore dans ma vie d’expatriée :  l’intégration en question est celle de l’intégration auprès de la communauté locale, celle de l’acceptation d’une gringa par les cariocas !

Pas si simple.

Le sport m’a donné la possibilité de cette intégration auprès de deux communautés totalement différentes : aisée de Leblon grâce au beach volley et plus que modeste de la favela Rocinha (la plus grande d’Amérique du Sud), grâce à la course à pied.

Je suis particulièrement touchée d’être invitée dans ce club de course, j’ai rencontré des personnes d’une bienveillance extraordinaire, fiers de leur communauté et de m’y intégrer !

Ce n’est pas une évidence quel que soit le pays et quand bien même les locaux sont les plus accueillants et chaleureux du monde, il y a justement un monde entre nous !

Cette intégration est rare et pas forcément recherchée d’ailleurs car qui dit expatriation dit souvent clivage, on aime rester entre expat de la même communauté (francophone, anglophone, germanophone…) pour des raisons évidentes : linguistiques et culturelles.

Mais lorsque cette intégration arrive naturellement, c’est alors une immense satisfaction. OBA !

Une amie Libano-brésilienne m’a dit un jour : tu es la française la plus carioca que je connaisse.

J’aime à croire que c’est vrai.